6 Juin 2013
Je ne suis qu'une originale, une rêveuse qui veut vivre loin du monde, vivre de la vie libre et nomade, pour essayer ensuite de dire ce qu'elle a vu et peut-être de communiquer à quelques-uns le frisson mélancolique et charmé qu'elle ressent en face des splendeurs tristes du Sahara...
Je parcours le Sahara Algérien sans connaître personne, sans but précis, sans empressement ni projet déterminé.
Je ne veux rien d’autre qu’un cheval, le compagnon fidèle et silencieux d’une vie solitaire … parcourir l’immensité au galop, traverser la mer de sable dans une chevauchée sauvage, inconsciente comme si rien ne pouvait m’arrêter :
je suis en plein extase ; Les hommes passent devant mes yeux comme des chimères. J’ai atteint l’intemporalité"
Isabelle Eberhardt pleinement consciente de l’« impermanence » des choses et des êtres, invite le lecteur à l’acceptation d’un réel nécessairement mouvant :
« Jouissons du moment qui passe et de la griserie qui bientôt sera dissipée…
La même fleur ne s’épanouit pas deux fois, et la même eau ne baigne pas deux fois le lit du même ruisseau. »
Selon elle, « le charme poignant de la vie vient de la certitude absolue de la mort.
Si les choses devaient durer, elles nous sembleraient indignes d’attachement. »
(Dans l’ombre chaude de l’islam, Actes Sud, 1999).